Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’évaluation médicale réalisée par le médecin coordonnateur de l’établissement. Chaque situation de dépendance est unique : consultez votre médecin traitant et les services sociaux de votre département pour un accompagnement personnalisé.
L’essentiel sur l’admission en EHPAD en 30 secondes
- Seuls les niveaux GIR 1 à 4 sont éligibles à l’EHPAD (perte d’autonomie significative)
- Le dossier comporte un volet médical et un volet administratif — c’est le médecin coordonnateur qui valide
- Comptez entre 6 semaines et 6 mois selon les établissements et votre département
- Déposez toujours au moins 5 dossiers simultanément pour maximiser vos chances
Qui peut entrer en EHPAD ? Le vrai prérequis que personne n’explique clairement
Soyons clairs : l’EHPAD n’est pas réservé aux « cas désespérés ». J’accompagne des familles en Île-de-France depuis plusieurs années, et l’erreur la plus fréquente que je rencontre, c’est de croire qu’il faut attendre que la situation devienne critique. Votre parent n’a pas besoin d’être grabataire pour prétendre à une place.
Être classé GIR 1 à 4, c’est-à-dire présenter une perte d’autonomie nécessitant une aide régulière pour les actes essentiels de la vie quotidienne.
Le GIR, c’est le Groupe Iso-Ressources. C’est une échelle de 1 à 6 qui mesure le niveau de dépendance. GIR 1, c’est la dépendance la plus lourde. GIR 6, c’est l’autonomie complète. Pour l’EHPAD, seuls les GIR 1 à 4 sont concernés. Si vous cherchez à consulter la liste des EHPAD à Paris 18, sachez que tous appliqueront cette règle d’éligibilité.
Concrètement, si votre parent a besoin d’aide pour se lever, s’habiller, manger ou se déplacer — même partiellement — il y a de fortes chances qu’il soit éligible. Ce n’est pas une question d’âge (il n’y a pas d’âge minimum légal), mais bien de niveau de dépendance évalué médicalement.

Les 3 critères qui font vraiment la différence pour être accepté
Les brochures vous parlent d’une liste interminable de documents. La réalité du terrain est plus simple : trois éléments bloquent ou débloquent un dossier. Tout le reste, c’est de la paperasse secondaire.
Le niveau de dépendance : comprendre le GIR sans jargon
La grille AGGIR officielle de Service-Public évalue 17 variables liées à l’autonomie. Ça va de la cohérence du discours à la capacité de se déplacer seul. Mais franchement, ce qui compte vraiment, c’est le résultat final : votre GIR.
| Niveau GIR | Définition officielle | Ce que ça veut dire concrètement | Éligible EHPAD ? |
|---|---|---|---|
| GIR 1 | Personne confinée au lit, fonctions mentales gravement altérées | Votre parent ne peut plus rien faire seul, ni se lever, ni manger, ni communiquer de façon cohérente | Oui |
| GIR 2 | Confiné au lit/fauteuil OU fonctions mentales altérées avec capacité de déplacement | Il peut se déplacer mais a besoin d’aide pour tout le reste, ou il est lucide mais grabataire | Oui |
| GIR 3 | Autonomie mentale conservée, dépendance physique importante | Il comprend tout mais a besoin d’aides quotidiennes pour la toilette, l’habillage, les repas | Oui |
| GIR 4 | Problèmes de transferts mais déplacements intérieurs possibles | Il marche chez lui mais a besoin d’aide pour se lever, se coucher ou préparer ses repas | Oui |
Ce que les familles ignorent souvent : 55 % des résidents en EHPAD sont classés GIR 1 ou 2, selon les données de la DREES. Autrement dit, si votre parent est en GIR 3 ou 4, il n’est pas « pas assez dépendant ». Il est simplement dans une phase où l’anticipation est encore possible.
Le dossier médical : ce que le médecin coordonnateur vérifie vraiment
Le dossier unique d’admission comprend un volet administratif et un volet médical. C’est ce second volet qui fait toute la différence. Le médecin coordonnateur de l’établissement va vérifier si votre parent correspond à l’offre de soins disponible.
Selon le portail gouvernemental pour les personnes âgées, le médecin coordonnateur émet un avis sur la demande en fonction des possibilités d’accueil de l’EHPAD. Ce n’est pas un examen de passage : c’est une vérification d’adéquation.
Dans mon expérience d’accompagnement des familles en Île-de-France, je constate régulièrement que les dossiers médicaux incomplets génèrent un délai supplémentaire de 2 à 4 semaines. L’erreur classique ? Oublier le compte-rendu d’hospitalisation récent ou le bilan gériatrique.
L’accord financier : anticiper le reste à charge avant de postuler
On n’en parle pas assez, mais certains établissements refusent des dossiers quand le plan de financement n’est pas crédible. Le coût mensuel d’un EHPAD varie considérablement selon les régions, mais comptez une fourchette de 1 800 à 3 500 € par mois en Île-de-France.
L’APA en établissement aide à payer le tarif dépendance. Pour les personnes avec des revenus inférieurs à 2 846,77 € par mois, le portail gouvernemental indique qu’elles paient uniquement le tarif correspondant au GIR 5-6. C’est une économie significative.
Les 3 motifs de refus les plus fréquents
- Dossier médical incomplet ou obsolète (bilan de plus de 6 mois)
- Pathologie nécessitant des soins non disponibles dans l’établissement (unité Alzheimer complète, soins palliatifs)
- Absence de plan de financement réaliste (ni APA, ni ASH, ni obligation alimentaire identifiée)
Délais réels : combien de temps entre la demande et l’entrée ?
Les brochures officielles vous diront « variable selon les établissements ». C’est théorique. Sur le terrain, la réalité des délais que j’observe en Île-de-France tourne autour de 2 à 6 mois. Mais ce chiffre cache des disparités énormes.
Je me souviens du dossier de Mme Martine D., 78 ans, ancienne institutrice que j’ai accompagnée en 2023. Après une chute avec fracture du col du fémur, l’hôpital avait évalué un GIR 3. Sa fille était débordée par les démarches, le premier EHPAD contacté affichait 8 mois d’attente. Le stress familial était palpable. Finalement, en déposant le dossier dans 5 établissements simultanément, une place s’est libérée en 6 semaines dans un EHPAD partenaire. La leçon ? Ne jamais déposer un seul dossier.
-
Prise de conscience du besoin (chute, hospitalisation, épuisement de l’aidant) -
Constitution du dossier médical et administratif complet -
Envoi aux établissements ciblés (recommandé : 3 à 5 minimum) -
Visite de pré-admission par le médecin coordonnateur -
Réponse des établissements et proposition de place
Pour gagner du temps, la quasi-totalité des départements permet désormais de faire une demande en ligne via ViaTrajectoire. C’est le système centralisé qui évite d’imprimer 5 dossiers papier. Si vous souhaitez comparer les maisons de retraite avant de déposer vos candidatures, prenez le temps de visiter au moins 2 ou 3 établissements.
Comment trouver un EHPAD à Paris 18 qui accepte votre dossier
Paris et la petite couronne sont les zones les plus tendues de France. J’ai accompagné M. Bernard, 82 ans, ancien artisan plombier, dont la fille cherchait un EHPAD dans le 18ème arrondissement. Maladie d’Alzheimer débutante, plus un diabète nécessitant un suivi infirmier quotidien. Deux EHPAD ont refusé car leur unité Alzheimer était complète. Sa fille a failli baisser les bras. Finalement, une place s’est libérée dans un établissement du 19ème, légèrement plus loin que souhaité, mais avec une unité protégée adaptée.
Mon conseil (qui n’engage que moi) : mieux vaut un EHPAD un peu plus loin qu’une liste d’attente de 8 mois où la situation se dégrade à domicile.
Conseil pro : Élargissez votre recherche aux arrondissements limitrophes (17ème, 19ème) et aux communes frontalières (Saint-Ouen, Montmartre). Les délais y sont souvent plus courts.

Votre dossier est-il complet ? Vérification en 2 minutes
- Pièce d’identité et carte vitale à jour
- Certificat médical de moins de 3 mois signé par le médecin traitant
- Compte-rendu d’hospitalisation récent (si applicable)
- Dernier avis d’imposition pour le calcul des aides
- Notification d’APA si déjà attribuée
Cette liste n’est pas exhaustive — certains établissements demandent des pièces complémentaires. Mais ces 5 documents constituent le socle bloquant : sans eux, votre dossier sera systématiquement mis en attente.
Vos questions sur l’admission en EHPAD
Peut-on refuser l’admission de mon parent en EHPAD ?
Oui, un établissement peut refuser une admission si le niveau de dépendance ne correspond pas à son offre de soins, si le dossier médical est incomplet, ou si aucune place n’est disponible. En cas de refus, demandez les motifs par écrit et réorientez votre candidature vers un établissement mieux adapté. Il n’existe pas de recours formel, mais le CLIC de votre commune peut vous aider à trouver des alternatives.
Y a-t-il un âge minimum pour entrer en EHPAD ?
Non, il n’existe pas d’âge minimum légal. Le critère déterminant est le niveau de perte d’autonomie (GIR 1 à 4), pas l’âge civil. Dans les faits, l’âge médian des résidents est de 87 ans et 11 mois selon la DREES, mais des personnes plus jeunes avec des pathologies lourdes peuvent être admises.
Que se passe-t-il si mon parent ne s’adapte pas à l’EHPAD ?
Une période d’adaptation est généralement prévue après l’entrée en établissement. Durant cette période, vous pouvez résilier le contrat de séjour sans pénalité. Au-delà, un préavis est généralement demandé. Parlez-en avec l’équipe soignante dès les premiers signes de difficulté : des aménagements sont souvent possibles.
Existe-t-il des EHPAD spécialisés Alzheimer ?
Oui, de nombreux EHPAD disposent d’unités protégées ou d’unités Alzheimer avec du personnel formé et un environnement sécurisé. Ces places sont plus rares et les listes d’attente souvent plus longues. Si votre parent présente des troubles cognitifs, mentionnez-le clairement dans le dossier médical pour être orienté vers les établissements adaptés.
Comment accélérer le délai d’admission en urgence ?
En cas d’hospitalisation, demandez à l’assistante sociale de l’hôpital de faire le relais : elle dispose souvent de contacts privilégiés avec les établissements. Par ailleurs, l’APA urgence peut être activée avec une avance de 1 022,78 € pour les situations nécessitant une aide immédiate. Déposez systématiquement dans 5 établissements minimum en parallèle.
La prochaine étape pour vous
Vous avez maintenant une vision claire des critères qui comptent vraiment. Le GIR, le dossier médical complet, le plan de financement. Plutôt que de conclure, posez-vous cette question : avez-vous déjà fait évaluer le niveau de dépendance de votre parent par votre médecin traitant ? C’est la première action concrète qui débloquera tout le reste.
Spécificités selon votre situation : Les critères d’admission varient selon les établissements (public, privé, associatif) et leur spécialisation. Les délais mentionnés sont des moyennes nationales : ils peuvent être plus courts ou plus longs selon votre département. Pour un accompagnement personnalisé, contactez le CLIC de votre commune ou le CCAS de votre mairie.
